Il est temps de parler sans détour d’un fléau qui gangrène nos sentiers : l’abandon de déchets en pleine nature. Mouchoirs usagés, papiers toilette souillés, emballages alimentaires… Ces « petits » gestes d’incivilité transforment nos plus beaux paysages en dépotoirs à ciel ouvert.
La règle d’or : on ramène TOUT
Aucune exception
Ce principe est non-négociable : tout ce que vous emportez, vous le ramenez. Point final. Et quand je dis « tout », c’est littéralement TOUT :
- Emballages alimentaires – Même biodégradables
- Déchets organiques – Épluchures, trognons, coquilles
- Papier toilette – Quelle que soit sa composition
- Mouchoirs – Même ceux marqués « biodégradables »
- Lingettes – Pour ceux qui ne peuvent pas s’en passer, perso je valide pas la lingette.
- Mégots – Évidemment
Pourquoi même les déchets « naturels » posent problème
« C’est biodégradable, ça va se décomposer » – Cette excuse ne tient pas :
- Une pelure d’orange met 6 mois à 2 ans à se décomposer
- Un trognon de pomme : 3 à 6 mois
- Ces déchets attirent les animaux et modifient leur comportement
- Ils perturbent l’équilibre écologique local
- Multipliés par des milliers de randonneurs, l’impact devient … dramatique
- Et pour ceux qui suivent, c’est juste deg.
La honte des sentiers : Papiers souillés
Un spectacle révoltant
Combien de fois avons-nous découvert, ecoeurés, ces fleurs (plus ou moins) blanches qui parsèment les abords des sentiers ? Mouchoirs usagés, papier toilette souillé abandonnés au mieux derrière un rocher ou dans un buisson, au pire au milieu du chemin … Cette incivisme crasse est inacceptable.
Équipement de base : Le kit anti-déchet
Matériel indispensable
Sac poubelle principal :
- Sac poubelle plastique résistant, bien fermé (on ne veut pas qu’il se répande à notre insu)
- Éventuellement un mousqueton ou un tendeur (à vélo) pour l’accrocher à l’extérieur du sac à dos, de la sacoche vélo ou du porte bagage. Cela évite qu’un éventuel dépôt liquide ne se répande au fond de votre sac… À condition qu’il soit bien bien BIEN fermé (cf point précédent)
- Petit sac plastique étanche – Toujours dans votre poche pour papier toilette usagé. J’utilise pour ma part un paquet de kleenex vide, ou les emballages de serviettes hygiéniques que je collectionne pour cet usage. (En tous cas je ne vais pas acheter de pochettes plastiques dédiées, l’idée est de recycler une pochette que j’ai déjà chez moi)
Je remplace aussi le papier toilette par quelques feuilles (non rugueuses) de plantes trouvées sur le chemin, méthode à l’ancienne qui a fait ses preuves. Vérifier quand même auparavant qu’elles n’abritent pas des insectes.
Au-delà de ses propres déchets
L’éthique du randonneur responsable
Ramassez aussi les déchets des autres – Si vous en avez la possibilité, ramassez les déchets que vous croisez. C’est un geste civique qui fait la différence.
Sensibilisez sans agresser :
- Montrez l’exemple
- Partagez ces bonnes pratiques
- Éduquez les enfants dès le plus jeune âge
Opérations de Nettoyage
Participez aux opérations collectives :
- Journées de nettoyage organisées par les associations
- Clean walks locaux
- Initiatives de clubs de randonnée
Mythes à démonter
❌ FAUX
- « Le papier toilette blanc est biodégradable »
- « Les épluchures nourrissent les animaux »
- « Dans la forêt, tout se décompose naturellement »
- « Un petit déchet, ce n’est pas grave »
✅ VRAI
- Même biodégradable, un déchet reste un déchet visible pendant des mois
- Les déchets organiques modifient le comportement animal
- Chaque geste compte quand il est multiplié par des milliers de randonneurs
Alternatives et bonnes pratiques
Préparation en Amont
- Réduisez les emballages avant le départ
- Privilégiez les contenants réutilisables
Techniques de Terrain
- Creusez un trou de 20cm pour les besoins naturels (mais ramenez le papier !)
- Utilisez des pierres ou des plantes que du papier quand c’est possible
- Lavez-vous au minimum à 1m des points d’eau. On ne rejette pas l’eau savonneuse dans les rivières ou les lacs. J’utilise mon verre de rando pour me rincer un peu plus loin .
L’urgence d’un changement de mentalité
Il ne s’agit plus de recommandations mais d’une obligation morale. Chaque randonneur, chaque cycliste doit intégrer cette responsabilité. Notre crédibilité d’amoureux de la nature est en jeu








